Participant à l’enrichissement des pays d’accueil, les migrations internationales se traduisent avant tout par des flux financiers, d’équipements et de compétences et savoir-faire en direction du pays d’origine. Les études sur l’épargne des migrants font apparaître que celle-ci est principalement consacrée à des dépenses de consommation de la famille restée au pays. Mais même dans ce cas, ces transferts peuvent soutenir les dynamiques de développement en créant des débouchés à la production locale.
Les migrants capitalisent dans le système économique, organisationnel et social des pays du Nord des compétences et savoir-faire qui peuvent être utiles au développement des pays d’origine. Les initiatives économiques et sociales qu’ils mettent en œuvre peuvent, sous certaines conditions, valoriser une partie de ces compétences dans le développement du Sud.
Mais le phénomène migratoire pose également le problème de l’intégration des immigrés et de l’insertion des jeunes issus de l’immigration plus exposés à la discrimination dans le pays d’accueil. L’emploi de ces acteurs comme agents de co-développement pourrait contribuer à la lutte contre d’exclusion ici et au développement là-bas.
Ainsi, le rôle du migrant comme acteur de co-développement dépend à la fois de sa situation dans le pays d’accueil et des politiques publiques du pays d’origine.
Yéra DEMBELE Secrétaire général du FORIM
La lettre n°4 a été diffusée accompagnée de la fiche d’expérience du CRDTM de Boulogne sur mer